10 mars 2026
La transformation numérique de l'administration française entre dans une phase décisive. Après des années consacrées à la dématérialisation des procédures, les services publics explorent désormais le potentiel de l'intelligence artificielle pour améliorer la qualité du service rendu aux citoyens. Mais cette ambition se heurte à une exigence fondamentale : la souveraineté des données publiques.
Les données traitées par les administrations sont parmi les plus sensibles qui existent : état civil, données fiscales, dossiers médicaux, informations judiciaires. Leur hébergement sur des infrastructures cloud étrangères soulève des questions juridiques et stratégiques majeures. Le Cloud Act américain, qui autorise les autorités fédérales à accéder aux données stockées par des entreprises américaines, quel que soit le pays d'hébergement, illustre parfaitement ce risque.
La doctrine « Cloud au centre » de l'État français, formalisée par la circulaire du Premier ministre de 2021, impose le recours à des solutions qualifiées SecNumCloud pour les données sensibles. Cette qualification, délivrée par l'ANSSI, garantit un niveau de sécurité élevé et une immunité aux législations extraterritoriales. Mais elle restreint considérablement le choix des fournisseurs de solutions IA, la plupart des grands acteurs du marché étant américains.
Au-delà de la question juridique, le recours aux API d'IA hébergées dans le cloud pose plusieurs problèmes concrets pour les administrations :
Le déploiement de solutions d'IA directement dans l'infrastructure de l'administration — ce que l'on appelle le déploiement on-premise — répond point par point à ces enjeux. Les données ne quittent jamais le périmètre de sécurité de l'organisation. Les modèles de langage s'exécutent sur des serveurs internes, sous le contrôle exclusif des équipes informatiques de l'administration.
Cette approche est rendue possible par la maturité croissante des modèles open source. Des modèles comme Llama, Mistral ou Qwen atteignent aujourd'hui des niveaux de performance compatibles avec les usages professionnels : synthèse de documents, aide à la rédaction administrative, analyse de jurisprudence, traitement de courriers entrants.
Les services publics présentent un terrain particulièrement favorable à l'IA on-premise. Les volumes documentaires y sont considérables et les tâches répétitives nombreuses :
Mon IA & Moi a été conçu dès l'origine pour répondre aux exigences des organisations qui ne peuvent pas confier leurs données à des tiers. La plateforme se déploie intégralement dans l'infrastructure du client, sans aucune communication vers l'extérieur. Elle prend en charge plusieurs modèles de langage open source, permettant de choisir le meilleur compromis entre performance et ressources matérielles disponibles.
L'interface unifiée permet aux agents de bénéficier de l'IA sans formation technique préalable, tandis que les administrateurs conservent une visibilité complète sur les usages : journalisation des requêtes, statistiques d'utilisation, gestion fine des droits d'accès par service.
L'adoption de l'IA dans les services publics ne se résume pas à un choix technologique. Elle implique un accompagnement au changement, une réflexion sur les processus métier et une gouvernance claire. Les directions des systèmes d'information ont un rôle central à jouer pour structurer cette transition, en garantissant à la fois la conformité réglementaire et l'adhésion des équipes.
Le numérique souverain n'est pas une contrainte : c'est une opportunité de construire des systèmes d'information résilients, maîtrisés et au service de l'intérêt général. L'IA on-premise en est l'un des piliers.